Projections futures pour l’agriculture en Belgique à partir de la modélisation dynamique de la végétation
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Clos Mercator, 3
4000 Liège (Sart-Tilman)
Ingrid JACQUEMIN et Marie DURY sont les premières diplômées du Master en sciences géographiques, orientation climatologie de l'Université de Liège. Elles ont obtenu ce diplôme après leur Licence en sciences Géographiques. Toutes deux ont commencé leur carrière scientifique sous la direction de Louis FRANCOIS.
Ingrid a défendu sa thèse de doctorat, intitulée « Future projections for agriculture in Belgium from dynamic vegetation modelling », le 28 novembre dernier. La conférence qu’elle a accepté de donner à la Société géographique de Liège le 18 mars 2025 traitera des résultats de cette recherche. Malgré ce titre anglais, la conférence se fera bien évidemment en français !
Résumé de la conférence
Dans le contexte de changements climatiques et socio-économiques, un certain nombre de questions se posent pour l'avenir du secteur agricole belge. Il s’agit notamment de l’impact du réchauffement climatique sur les rendements, de l’impact des changements socio-économiques sur l’utilisation et la couverture des terres, ainsi que de leurs effets combinés sur la production agricole. Pour répondre à ces questions, Ingrid a utilisé le modèle dynamique de végétation, CARAIB, couplé à un modèle multi-agent, ADAM, pour réaliser des projections selon différents scénarios possibles pour l'agriculture en Belgique.
Développé à l’Université de Liège par l’équipe de Louis François, CARAIB (CARbon Assimilation In the Biosphere) est un modèle de végétation dynamique, initialement conçu pour décrire la dynamique des écosystèmes naturels et étudier le rôle de la végétation dans le cycle global du carbone. Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, les modèles dynamiques de la végétation sont des outils performants, mais ils ont dû quelque peu s'adapter : l'une de ces adaptations concerne notamment l'ajout des écosystèmes dits "managés par l'homme", comme les cultures, dans les types de végétation simulés. Cette nouvelle version du modèle, dotée d’un module « culture », permet d’appréhender les effets du climat sur les rendements agricoles. Afin de prendre en compte la composante socio-économique, notamment pour son impact sur l’occupation des sols, CARAIB a été couplé à ADAM, un modèle multi-agents développé par une géographe de l’Université de Namur. ADAM se compose d'agents représentant les agriculteurs belges qui interagissent entre eux et avec le système socio-économique en impactant en conséquence leurs exploitations. Ce couplage dynamique permet de simuler les effets du changement climatique sur les rendements simulés par CARAIB, qui vont eux-mêmes influencer les choix et les revenus des exploitations dans ADAM. Quatre scénarios socio-économiques déterminés par les prix et l’utilisation du sol ont été pris en compte dans ADAM.
Même si les rendements semblent impactés positivement par le changement climatique, les résultats mettent néanmoins en évidence des adaptations potentielles à considérer par le secteur. La production, quant à elle, tend à suivre la réduction des superficies agricoles, que de meilleurs rendements ne sauraient compenser.
