Prédire la fonte des glaciers terrestres à très haute résolution spatiale
Infos
Clos Mercator, 3
4000 Liège (Sart-Tilman)
Brice Noël est chercheur qualifié FNRS au Laboratoire de Climatologie et Topoclimatologie du Département de géographie. Après des études de bachelier en sciences géographiques, il débute un master en climatologie à l’Université de Liège en 2008. Son diplôme en poche, il entame un doctorat en climatologie polaire à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas) en 2013, et défendra sa thèse en 2018. Il réalisera ensuite deux postdocs à l’Université d’Utrecht, dont un financé par une prestigieuse bourse VENI entre 2019 et 2022, puis reviendra à Liège en décrochant un mandat de chargé de recherches FNRS. Cette étape lui permet de réintégrer son alma mater.
En 2024, il obtient un poste permanent de chercheur qualifié FNRS au sein de l’Université de Liège. Sa conférence donnée à la Société géographique de Liège le 13 mai 2025 traitera de son projet de recherche intitulé : “Atlas du bilan de masse en surface présent et futur des glaciers terrestres à haute résolution spatiale”.
Résumé de la conférence
Le réchauffement climatique entraîne une fonte rapide des calottes polaires du Groenland et de l’Antarctique, mais aussi de glaciers de plus petite taille. Cette perte de masse devrait s’accélérer dans les prochaines décennies, contribuant ainsi significativement à l’élévation du niveau des mers. La disparition des calottes du Groenland et de l’Antarctique élèverait le niveau marin de 7 et 58 m respectivement, submergeant de nombreuses régions côtières. Les glaciers de montagne contribueraient à environ 18 cm supplémentaires. Leur disparition mettrait aussi en péril les populations dont la survie dépend d’un approvisionnement régulier en eau de fonte estivale. Dans ce contexte, il est essentiel de mieux comprendre les mécanismes entraînant la fonte accrue des calottes et glaciers terrestres, ainsi que les phénomènes qui accélèreront leur perte de masse future.
A ce jour, notre connaissance des processus affectant le bilan de masse en surface de ces glaciers, c’est-à-dire la différence entre l’accumulation neigeuse hivernale et la fonte estivale, dépend de modèles climatiques à basse résolution spatiale (5 à 100 km). Cependant, ces modèles ne permettent ni une représentation précise des fortes chutes de neige en terrains montagneux accidentés, ni la fonte accrue des glaciers de petite taille, généralement non représentés à basse résolution spatiale. Pour corriger ces imprécisions, ma recherche se base sur une technique de pointe visant à affiner spatialement les sorties de modèles climatiques tels que le MAR, développé à l’ULiège, afin d’atteindre une résolution spatiale inférieure au kilomètre. Cette procédure permet une représentation plus fine des processus provoquant la perte de masse actuelle, et future, des glaciers terrestres selon différents scénarios de réchauffement.
Dans cet exposé, nous identifierons les processus menant à la fonte récente, et à son accélération future, des deux grandes calottes polaires ainsi que d’une sélection d’autres glaciers à travers le globe.
